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GENÈVE · 14 JUIN 2026

Déclaration

La Coalition internationale pour les droits de l’homme condamne l’instrumentalisation du Réseau des médecins du Soudan et des salles d’intervention d’urgence comme outils du renseignement militaire

Lors de la 62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, au Palais des Nations à Genève, la Coalition internationale pour les droits de l’homme a condamné l’instrumentalisation du Réseau des médecins du Soudan et des salles d’intervention d’urgence comme outils du renseignement militaire, et a exhorté le Conseil à faire respecter la neutralité médicale et à protéger le personnel de santé au Soudan.

Communication ICHR

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La Coalition internationale pour les droits de l’homme condamne l’instrumentalisation du Réseau des médecins du Soudan et des salles d’intervention d’urgence comme outils du renseignement militaire

62e session — Palais des Nations — juin 2026. Le Secrétaire général a reçu la déclaration suivante.

La Coalition internationale pour les droits de l’homme condamne fermement l’instrumentalisation du Réseau des médecins du Soudan et des salles d’intervention d’urgence par le commandant de l’armée soudanaise Abdel Fattah al-Burhan, en tant qu’outils de renseignement au service des centres d’opérations militaires.

Comment le conflit au Soudan a-t-il érodé la neutralité médicale et humanitaire ?

Le conflit armé en cours au Soudan, déclenché le 15 avril 2023, continue d’engendrer de graves conséquences humanitaires et en matière de droits de l’homme. Au-delà de l’impact direct des hostilités sur les civils, des préoccupations croissantes ont émergé concernant la protection de la neutralité médicale, l’indépendance des prestataires de soins de santé et l’intégrité de l’action humanitaire.

La neutralité médicale constitue un principe fondamental du droit international humanitaire. Le personnel médical, les établissements de santé et les acteurs humanitaires doivent pouvoir exercer leurs fonctions en toute impartialité, à l’abri de toute ingérence militaire, politique ou sécuritaire. Le respect de ce principe est essentiel pour garantir l’accès aux soins de santé et protéger les populations civiles touchées par le conflit armé.

Les évolutions récentes ont suscité des préoccupations quant à la politisation croissante des structures médicales et humanitaires au Soudan. Des déclarations publiques attribuées à de hauts responsables militaires concernant la participation de professionnels de santé à des fonctions de soutien liées aux opérations militaires ont fait naître des inquiétudes quant à l’indépendance perçue des institutions de santé et de leur personnel. De telles évolutions risquent de saper la confiance du public dans la neutralité des services médicaux et peuvent exposer le personnel de santé à des risques sécuritaires supplémentaires.

Préoccupations relatives à l’indépendance des réseaux médicaux et humanitaires

Les rapports publiés par des organisations de la société civile et des observateurs des droits de l’homme au cours de l’année 2026 ont mis en lumière des allégations concernant la politisation de certaines initiatives médicales et humanitaires opérant dans les zones touchées par le conflit. Ces préoccupations portent notamment sur :

  • l’utilisation possible des mécanismes de signalement médical d’une manière susceptible de compromettre les principes d’impartialité et d’objectivité ;
  • des allégations de documentation sélective des violations affectant certaines communautés ou zones géographiques ;
  • le risque que les plateformes humanitaires soient perçues comme contribuant à des récits politiques ou militaires plutôt que de servir des fins exclusivement humanitaires.

Si elles ne sont pas prises en compte, de telles préoccupations risquent d’affaiblir la confiance du public dans les institutions humanitaires et de compromettre la crédibilité des efforts de documentation destinés à soutenir la responsabilisation et la protection des victimes.

Attaques contre les établissements de santé et le personnel médical

Dans le même temps, les signalements d’attaques contre des établissements de santé, du personnel médical, des ambulances et des infrastructures humanitaires continuent de susciter de vives préoccupations. Le droit international humanitaire, y compris les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, accorde une protection spéciale aux unités et au personnel médicaux pendant un conflit armé.

Toute attaque délibérée contre des établissements ou du personnel médicaux protégés, ou tout détournement d’institutions de santé à des fins militaires, peut constituer une violation grave du droit international humanitaire et est susceptible d’engager la responsabilité pénale individuelle au regard du droit international.

La destruction, la perturbation ou la politisation des services de santé ont encore restreint l’accès à des soins vitaux pour des millions de civils, notamment les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées.

Recommandations

La Coalition internationale pour les droits de l’homme invite respectueusement le Conseil des droits de l’homme et les mécanismes compétents des Nations Unies à :

  1. exhorter toutes les parties au conflit à respecter et à faire respecter le principe de neutralité médicale, conformément au droit international humanitaire ;
  2. exiger la cessation immédiate de toute forme d’ingérence militaire, politique ou sécuritaire dans le travail des institutions de santé, du personnel médical et des acteurs humanitaires ;
  3. soutenir des enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes sur les allégations relatives à la politisation des signalements médicaux et humanitaires ;
  4. renforcer les mécanismes de suivi et de responsabilisation relatifs aux attaques contre les établissements de santé et le personnel médical ;
  5. veiller à ce que toutes les victimes de violations soient documentées et protégées sans discrimination et indépendamment de toute appartenance géographique, ethnique, politique ou sociale ;
  6. promouvoir des mesures visant à restaurer la confiance du public dans l’indépendance, l’impartialité et l’intégrité des secteurs de la santé et de l’action humanitaire au Soudan.

La protection de la neutralité médicale est indispensable à la préservation de la dignité humaine, à l’acheminement de l’aide humanitaire et à la quête de justice et de responsabilisation au Soudan. La communauté internationale doit prendre toutes les mesures appropriées pour que les services de santé demeurent à l’abri des effets de la confrontation politique et militaire.

Coalition internationale pour les droits de l’homme

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