GENÈVE · 25 AOÛT 2026
Une table ronde de la société civile à Genève dénonce les violations systématiques visant les femmes au Soudan et réclame un renvoi devant la CPI et une enquête de l'OIAC
Des responsables de la société civile, des défenseurs des droits humains et des experts juridiques se sont réunis à Genève le 25 août 2026 pour la table ronde « Women's Condition and Violence in Wartime: Focus on the Sudan Crisis ». Publiée conjointement par l'ICHR, l'EADM, TYFA et Post Versa, la déclaration appelle à une mission indépendante d'établissement des faits avec participation de l'OIAC, à un renvoi devant la CPI sans immunité, et à la participation effective des femmes soudanaises à tous les processus de paix.
Publié conjointement par la Coalition internationale pour les droits de l'homme (ICHR), l'Association européenne pour la défense des minorités (EADM), The Youth Future Alliance (TYFA) et Post Versa.
GENÈVE — Des responsables de la société civile, des défenseurs des droits humains et des experts juridiques se sont réunis à Genève le 25 août 2026 pour une table ronde internationale intitulée « Women's Condition and Violence in Wartime: Focus on the Sudan Crisis ».
La séance a examiné la grave dégradation des normes relatives aux droits humains et au droit international humanitaire au Soudan, en mettant l'accent sur les violences fondées sur le genre, la destruction des infrastructures civiles et l'emploi signalé d'armes chimiques.
La table ronde réunissait :
- Ramon Rahangmetan — cofondateur, Circle of Sustainable Europe
- Manel Msalmi — présidente de l'EADM ; conseillère pour les affaires MENA au Parlement européen
- Andy Vermaut — vice-président de l'EADM ; président du World Council for Public Diplomacy and Community Dialogue
- Abderrahim Grein — représentant de l'ICHR
- Dr Mohamed Ali — ICHR
Principaux constats présentés en matière de droits humains
Les intervenants ont présenté des éléments documentant de graves violations du droit international des droits humains et du droit international humanitaire à travers le Soudan.
Violences sexuelles et fondées sur le genre. Les interventions ont souligné que les violences sexuelles, le viol et le déplacement forcé sont employés de manière systématique comme instruments de guerre. Les intervenants ont relevé que ces atrocités s'inscrivent dans des schémas anciens de violence structurelle et causent aux survivantes des traumatismes physiques et psychologiques durables.
Allégations d'emploi d'armes chimiques. Les contributions ont mis en avant des incidents documentés à Omdourman (2024) impliquant des agents chimiques attribués aux Forces armées soudanaises (FAS). Les intervenants ont détaillé des conséquences sanitaires graves et durables pour les populations civiles exposées, en particulier les femmes et les enfants, notamment des insuffisances respiratoires et des malformations congénitales.
Militarisation des infrastructures essentielles. Selon les rapports, plus de 80 pour cent des structures de santé situées en zone de conflit actif sont hors service, détruites ou converties à un usage militaire. La destruction ciblée des installations médicales, des écoles et des infrastructures essentielles a paralysé les soins maternels et l'accès à l'éducation de base.
Appel commun à l'action
Les organisations de défense des droits humains coorganisatrices appellent les Nations Unies, l'Union européenne, la Cour pénale internationale (CPI), l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et l'ensemble de la communauté internationale à mettre en œuvre les mesures prioritaires suivantes.
Responsabilité et justice. Créer une mission internationale indépendante d'établissement des faits, avec une participation technique de l'OIAC, pour enquêter sur l'emploi allégué d'armes chimiques et sur les crimes fondés sur le genre, assortie d'un renvoi direct des auteurs devant la CPI, sans immunité.
Protection des civils. Instituer et faire respecter un cadre de protection robuste, comprenant une zone d'exclusion aérienne étendue au-dessus des centres de population civile, afin de limiter les bombardements aériens indiscriminés et les frappes de drones.
Accès humanitaire. Garantir des couloirs humanitaires immédiats, sûrs et sans entrave à travers toutes les frontières, afin d'acheminer les soins médicaux d'urgence, l'aide alimentaire et les services de santé reproductive.
Soutien aux survivantes. Affecter un financement international dédié aux soins médicaux, psychologiques et toxicologiques spécialisés, centrés sur les survivantes, pour les victimes d'exposition à des agents chimiques et de violences sexuelles liées au conflit.
Femmes, paix et sécurité. Assurer la participation directe, effective et non symbolique des femmes soudanaises à toutes les négociations de paix formelles, aux mécanismes de transition et aux processus constitutionnels, conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Éléments de contexte et données clés
Déplacements forcés. Selon les données du HCR (avril 2026), quelque 14 millions de personnes — près du quart de la population soudanaise — ont été déplacées depuis avril 2023, dont plus de 4,4 millions de réfugiés cherchant protection au-delà des frontières internationales.
Insécurité alimentaire aiguë. Plus de la moitié de la population civile fait face à des niveaux d'urgence d'insécurité alimentaire, des conditions de famine étant confirmées dans plusieurs régions.
Violences persistantes au Kordofan. Les rapports d'OCHA confirment que plus de 200 000 personnes ont récemment été déplacées dans la région du Kordofan à la suite de frappes soutenues sur des infrastructures civiles.
Qualifications internationales. Ces constats concordent avec les rapports de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits des Nations Unies pour le Soudan, qui a documenté des atrocités généralisées fondées sur le genre et relevé que les actions menées au Darfour et au Kordofan présentent des indices d'intention génocidaire.
Contacts presse
Association européenne pour la défense des minorités (EADM) — WCPDCD.eadm@gmail.com · Facebook
The Youth Future Alliance (TYFA) — www.theyfa.com
Les déclarations complètes, rapports techniques et soumissions juridiques sont disponibles sur demande pour les organes de suivi internationaux.
LA COALITION INTERNATIONALE POUR LES DROITS DE L'HOMME
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Genève, le 25 août 2026
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